Prière de Jésus – prière du cœur

Prière de Jésus – prière du cœur

Prière de Jésus – prière du cœur

Nous prions cette prière tous les derniers jeudis du mois à 18h00 en l’église Ste Hélène devant le Saint Sacrement.

«Quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé »

(Rm 10, 13)

La Prière du cœur est aussi parfois appelée Prière de Jésus ou encore la Prière d'une pensée unique. Si la forme et les mots exacts de cette prière peuvent varier, elle est toujours simple et courte, afin qu'elle puisse être répétée en permanence, sans distraction de l'esprit.

Cette prière a une importance particulièrement dans l'Église d'Orient. Elle a été largement utilisée, enseignée et commentée tout au long de l'histoire de la chrétienté orientale. En sa simplicité, elle forme la clef de voûte de la pratique spirituelle et mystique de l'Église d'Orient, dont la finalité est l'union à Dieu.

Si les mots de cette prière peuvent varier, une forme simple en constitue le plus souvent l'armature : en grec Kyrie Eleison - selon une ancienne traduction qui demeure la plus connue en France : « Seigneur, aie pitié » ou comme préfère désormais traduire l'Église orthodoxe : « Seigneur, fais-nous miséricorde » Une forme élargie porte le nom habituel de Prière de Jésus : « Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, fais-moi miséricorde. » Une variante: « Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur. »

Cette prière est la forme la plus usitée sur le Mont Athos (haut lieu du monachisme orthodoxe) et dans la pratique de vie spirituelle connue sous le nom d'hésychasme.

Sa préférence vient de plusieurs points :

  • elle est trinitaire : Jésus y est dit Fils de Dieu et comme étant le Christ, c'est-à-dire oint de l'Esprit Saint.
  • elle permet de concentrer son esprit sur le Nom de Jésus, au son duquel St Paul dit que tout genou fléchit au Ciel et sur la Terre. (Ph 2,10 )
  • elle est la prière du Publicain, donnée en exemple par Jésus-Christ dans la parabole dite du Pharisien et du Publicain. Dans cette parabole, le Christ montre en effet la bonne façon de prier. Le pharisien par sa longue prière, de son côté prie mal, en se félicitant devant Dieu de n'être pas un pécheur comme le publicain ; tandis que le publicain n'ose pas lever les yeux vers Dieu, plein d'humilité, il se contente de dire, avec justesse, cette seule phrase : « Seigneur, fais-moi miséricorde, pécheur ». Le Christ conclue cette parabole en disant que le publicain rentre chez lui justifié et non pas le pharisien. (Luc 18, 10-14).

D'autres exemples de prière courte sont citées dans les Évangiles, comme lorsque Pierre crie, au moment où il s'enfonce dans les eaux : « Seigneur, sauve-moi. » Dans tous les cas, il s'agit d'une prière simple, qui peut nous accompagner dans toutes nos activités et ainsi être prononcée intérieurement en permanence, sans interruption, afin de répondre à l'exhortation de St Paul de « prier sans cesse » (I Th 5, 17). Cette prière devient perpétuelle, selon le témoignage des moines, si bien que même la nuit, selon une expression du Cantique des cantiques que les moines orthodoxes prennent comme devise : « Mon corps dort mais mon cœur veille » (Ct 5, 1). Les moines ont souvent à cette fin de longues sessions de prière où ils s'exercent à cette seule prière dans le cadre de leur discipline, souvent à l'aide d'un chapelet en laine ou en corde et sous la direction d'un aîné, parfois appelé « starets ».

La simplicité de cette prière a par ailleurs l'avantage d'éviter la distraction et de simplifier l'esprit afin de le concentrer sur la présence de Dieu. En ce sens la prière de Jésus est parfois décrite non comme une finalité, mais comme un chemin vers la prière pure, sans parole, dans le cœur à cœur avec Dieu.

Elle peut être accompagnée de prosternations et de signes de croix. Elle est utilisée comme un moyen pour trouver la contrition et comme un moyen d'inscrire profondément l'humilité dans le cœur le plus intérieur de l'individu. L'un des fruits de cette prière doit être, selon une parole biblique, de transformer notre « cœur de pierre », en un « cœur de chair » sensible et ouvert à la grâce de l'amour divin.

Comment prier :

L’Orient byzantin a désigné sous le terme de « prière de Jésus » toute invocation centrée sur le nom même du Sauveur. Cette invocation a revêtu des formes diverses, selon que le nom était employé seul ou inséré dans des formules plus ou moins développées. Il appartient d’ailleurs à chacun de déterminer « sa » propre forme de l’invocation du nom. Une cristallisation s’est opérée en Orient autour de la formule : « Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi pécheur », mais cette formule n’a pas été et n’est pas la seule. Est authentiquement « prière de Jésus », au sens byzantin, toute invocation répétée dont le nom de Jésus constitue le cœur et la force. On peut dire, par exemple : « Jésus Christ », ou « Seigneur Jésus. » La formule la plus ancienne, la plus simple, et, à notre avis, la plus facile est le mot « JÉSUS » employé seul. C’est dans ce sens que nous parlerons ici de la « prière de Jésus ».  

Ce mode de prière peut être prononcé ou seulement pensé. Il se trouve donc à la limite entre la prière vocale et la prière mentale, et aussi entre la prière méditative et la prière contemplative. Il peut être pratiqué en tout temps, en tout lieu : église, chambre, rué, bureau, atelier etc. On peut répéter le nom en marchant. Les débutants feront cependant bien de s’astreindre à une certaine régularité dans cette pratique et de choisir des heures fixes, des lieux solitaires. Cet entraînement systématique n’exclut d’ailleurs pas l’usage parallèle et entièrement libre de l’invocation du nom.

Avant de prononcer le nom de Jésus, il faut d’abord essayer de se mettre soi-même en état de paix et de recueillement, puis implorer l’aide du Saint-Esprit par lequel seul on peut « dire que Jésus est le Seigneur » (1 Co 11,3).

On peut essayer de faire la prière sur le rythme de la respiration. Sur l’inspiration, on dit : « Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu » et sur l’expiration : « aie pitié de moi, pécheur ».

La Prière de Jésus favorise la concentration de l’intellect sur un seul point, un seul Être, sur l’Unique, et la respiration consciente nous permet de ne pas nous en éloigner. Lorsque nous rythmons la Prière de Jésus sur notre souffle, il s’adapte lentement aux paroles de la Prière. Alors à l’inspiration, nous nous ouvrons, corps, âme esprit, nous devenons une coupe qui accueille le Seigneur Jésus-Christ Fils de Dieu, et sur l’expiration nous nous abandonnons, nous lâchons nos tensions qui nous durcissent et nous ferment. Ainsi, nous pouvons concentrer notre intellect sur la Prière qui, portée par le souffle, se fraye lentement un chemin vers le cœur, l’habitacle de Dieu.

Mais les exercices respiratoires ne sont rien de plus qu’un accessoire, une aide pour le recueillement, utiles à certains, mais non obligatoires pour tous. Ils ne sont en aucun cas un élément essentiel de la prière, qui peut être pratiquée dans toute sa plénitude, sans eux.  

 

Prière de Jésus – prière du cœur